Port de plaisance Paris-Arsenal

Depuis maintenant cinq années, la Mairie de Paris concentre ses efforts pour réaliser à l’est de la Capitale de grands aménagements publics. Des projets importants ont été mis au point à la gare de Lyon, dans l’îlot Châlon, à Tolbiac, d’autres sortent de terre, ainsi à Bercy le grand centre omnisports, le monument architectural du Paris des années 1980, enfin, d’autres voient leur chantier  débuter comme ceux de mise en valeur du port de Paris-Arsenal.

C’est avec beaucoup d’intérêt, d’ailleurs, que les Parisiens peuvent constater, aujourd’hui, que l’État, à son tour, va concourir à cet effort puisqu’il a été décidé de réaliser un nouvel Opéra à la Bastille pour 1989, et qu’on a finalement décidé de réinstaller le ministère de l’Economie près de la gare de Lyon. Ce mois-ci, à la Bastille, la Mairie entreprend l’aménagement sur les quais du bassin de l’Arsenal d’un jardin de près de 9000 m² et, eh association avec la Chambre de Commerce de Paris, la réalisation du futur port de plaisance de Paris.

Paris-Arsenal : deux cents bateaux de plaisance.

Le port pourra accueillir environ deux cents bateaux de plaisance.

Des appontements longitudinaux dotés de petites passerelles flottantes intermédiaires (catways) sont prévus sur les deux côtés du canal. Ces passerelles, au nombre d’une pour deux bateaux, serviront à la fois de dispositif d’amarrage, d’accès latéral aux embarcations et recevront les installations d’alimentation en eau et en électricité. Des lumières installées le long des rives assureront l’éclairage des quais et offriront toutes les conditions pour permettre un gardiennage efficace. Bien entendu, les équipements nécessaires au bon fonctionnement du port sont prévus, notamment : des sanitaires, côté boulevard Bourdon dans les locaux existant dans le mur de quai et côté boulevard de la Bastille dans la Capitainerie, des protections incendie, l’installation de passerelles, une grue de mise à l’eau de 10 tonnes, etc.

L’écluse entre la Seine et le canal Saint-Martin sera dotée d’une télécommande depuis le bâtiment de la Capitainerie réalisé côté boulevard de la Bastille.

L’accès au port est d’abord et avant tout prévu pour les bateaux de tourisme transitant par Paris pendant l’été. Des tarifs très préférentiels leur seront réservés; toutefois, l’Association pour le port de plaisance Paris-Arsenal propose différentes formules aux plaisanciers à l’année, ou sous forme de location trentenaire (voir encadré).

paris-arsenal-1Un jardin de 9 000 m²

Le jardin ne pouvait pas être réalisé directement sur le quai, en contrebas, trop encaissé et inondable. L’architecte a été amené à prévoir une série de terrasses offrant une descente progressive depuis la rue vers les quais du port. Ainsi orienté, il offre un bon ensoleillement l’après-midi et une vue privilégiée sur l’animation du plan d’eau.

Au nord du jardin, près de la Bastille, les terrasses sont reliées par une allée plantée d’arbres, qui se prolonge en un jeu de gradins constituant un petit amphithéâtre où le promeneur viendra s’asseoir pour se reposer ou assister aux activités du port. Une avancée du quai est prévue en contrebas des gradins, elle sera agrémentée d’une « fabrique » en treillage recouverte de plantes grimpantes.

Le jardin comprend un espace réservé pour les huit-treize ans avec des jeux de bois évoquant la navigation, notamment un grand bateau de corsaire avec sa cale et ses cordages, une mer de sable avec ses récifs, un petit fortin ; et un espace pour les plus petits avec des bacs à sable et un toboggan.

Un restaurant est prévu du côté de la Bastille, ainsi qu’un abri pour le gardien et les jardiniers au centre du jardin.

L’aménagement du jardin concourt à réaliser un ensemble très végétal, comprenant érables, oliviers de Bohême. saules, genêts, forsythias… ainsi que de nombreuses plantes grimpantes et espèces à feuilles persistantes.

La réalisation de ce projet apportera une amélioration considérable au site aujourd’hui dans un état de quasi-abandon. Les travaux d’aménagement devraient être terminés dans un an environ.

Comment réserver une place dans le port de plaisance de l’arsenal ?

Les dossiers peuvent être retirés dès à présent à l’adresse suivante : Association pour le port de plaisance de Paris-Arsenal (bureaux localisés provisoirement à la Chambre de Commerce et d’industrie de Paris),  27, avenue de Friedland, 75008 Paris. Tél. : 01.45.61.99.00 (postes 536 et 539).

Plusieurs formules sont proposées :

  • A la journée, pour les plaisanciers de passage à Paris.
  • A l’année, pour ceux qui désirent utiliser leur bateau et l’entretenir 12 mois par an.
  • Jusqu’à trente ans, sous forme de location, pour les plaisanciers qui souhaitent disposer d’un emplacement en permanence.
  • Enfin, les professionnels trouveront à l’Arsenal des possibilités d’effectuer des expositions et des démonstrations.

La navigation de plaisance depuis Paris

Sur la base d’une moyenne de 8 km/h et en navigant six heures par jour, le plaisancier ancré au port Paris- Arsenal peut, par exemple :

  • En un week-end de deux jours, outre de nombreuses  promenades sur le canal de l’Ourcq, aller et revenir de Meaux en rejoignant la Marne, de Conflans-Sainte-Honorine en descendant la Seine, de Chartrettes par la Haute-Seine.
  • En une semaine :
    • rejoindre les canaux du Nord par la basse Seine et l’Oise pour atteindre l’Allemagne ;
    • descendre la Seine jusqu’au Havre ;
    • faire l’aller et retour Paris Rouen ;
    • remonter la Seine jusqu’à Marcilly.
  • En une douzaine de jours :
    • rejoindre les canaux de Hollande;
    • atteindre et parcourir l’Yonne ou le canal du Loing (aller et retour).
  • En une vingtaine de jours :
    • atteindre la Méditerranée par la Seine, les canaux du Loing, de Briare, du Centre, puis la Saône et le Rhône (l’itinéraire par le canal de Bourgogne est plus long, mais plus calme et pittoresque).

Notons, par ailleurs, que le port autonome de Paris a réalisé plus d’une douzaine de haltes-nautiques autour de Paris, et qu’il existe cinq ports de plaisance dans la région (Nogent, Lagny-sur-Marne, Carrière-sous-Poissy, Villennes-sur-Seine, Chartrettes).

La Seine et son cours

La SeineLa Seine prend sa source a un peu plus de 4 kilomètres de Poncey-sur-l’lgnon, à environ deux kilomètres de la route de Dijon, à Saint-Germain-Source-Seine. A-telle une ou plusieurs sources ? C’est toujours discutable. Mais ce qui est vrai, c’est qu’au cours des siècles, les géographes, même les plus avertis, situent l’origine de la Seine en plusieurs sites différents, heureusement, tout de même, proches les uns des autres.

Mais il y a mieux.

A un endroit, au lieu-dit «Les Vergerots», il y a «la» source de la Seine. Pourquoi « la » ? Parce que, en 1932, donc récemment, sur la commune de Saint-Seine l’Abbaye (Côte d’Or), la Ville de Paris acheta un terrain, en forme de parallélogramme ayant 82,50 m de base et 20 m de hauteur, soit entre 1600 et 1700 mètres carrés, qu’elle appela «Terrain communal des sources de la Seine». Ce terrain était censé officialiser désormais l’origine de celle-ci, même si une dizaine d’autres sources minimes, mais de même importance, pouvaient revendiquer le même honneur ?

De là à dire que la Seine «prend sa source à Paris», il n’y a qu’un pas rapidement franchi.

Continuons l’examen des sources. Elles sont toutes situées sur le Mont Tasselot, point éminent du plateau de Langres, formé de terrains du jurassique inférieur. Il y pleut plus que dans les environs, et l’eau entre peu. Les nuages, poussés par des vents contraires (la bise venue du Nord, le Solaire venant du Sud), sont favorables aux précipitations. Mais la température est relativement douce 2 degrés en moyenne en janvier (avec des chutes toutefois à -7° les jours froids), soit la même température qu’à Lille ou à 1′ Est de la vallée du Rhône, avant les Alpes. En été, la même température qu’à Bordeaux ou Mulhouse, 20°. Les deux courbes se coupent, l’une Sud-sud-Est Nord-nord-Ouest, l’autre Sud-Ouest Nord-Est, aux environs de Troyes. Les sources donnent naissance à de petits cours d’eau qui vont, certains comme la Tille et l’Ouche, vers la Saône, le Rhône et la Méditerranée, d’autres vers l’Yonne, la Seine ou l’Aube, et ensuite vers la Manche.

De La Seine au Canal Saint-Martin

D’écluse en écluse

Péniche Canal Saint MartinUne Péniche descend le Canal Saint Martin, d’écluse en écluse. Elle vient de l’Est ou du Nord et rejoint la Seine après la gare d’eau de l’Arsenal, près de la place de la Bastille.

Sur la Seine et les eaux du canal, les grands trains de péniches crachent leurs fumées noires. Le petit peuple des bateliers connaît l’opulence, et personne ne se soucie alors de figer leur existence dans un musée, à Conflans-Sainte-Honorine, au confluent de la Seine et de l’Oise ! Après l’écluse, sous la station de métro Quai de la Rapée, l es bateaux stationnent un moment dans le bassin de l’Arsenal avant qu’il ne devienne un port de plaisance dans les années 1980. C’est l’heure attendue des salles de bains pour tous, et sur l es quais sous le boulevard Bourdon, un amoncellement de lavabos, de bidets, d’éviers et de toilettes flambant neufs semble précéder la venue des plombiers pour l’approvisionnement et l’équipement des nouvelles constructions. Quai d’Austerlitz et quai Saint-Bernard, les mariniers attendent leur tour pour procéder au déchargement des péniches du sable et du ciment attendus par des entrepreneurs pressés. À l’autre bout du canal, c’est-à-dire neuf écluses plus loin, le stationnement dans le bassin de la Villette, au pied des entrepôts , semble délicat. Chacun à son tour, et les produits les plus fragiles sont prioritaires.